Fiche pratique

La garde à vue et le déferrement

La garde à vue est l’une des mesures les plus sensibles de la procédure pénale. Connaître ses droits dès les premières heures est essentiel.

1.Présentation générale

La garde à vue est une mesure privative de liberté décidée par un officier de police judiciaire (OPJ), sous le contrôle de l’autorité judiciaire, à l’encontre d’une personne à l’égard de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction.

Elle suppose la réunion de trois conditions cumulatives : des raisons plausibles de soupçonner la personne, une infraction constituant un crime ou un délit puni d’une peine d’emprisonnement, et la nécessité de la mesure pour les besoins de l’enquête (préserver les preuves, empêcher une concertation, garantir la présentation devant le magistrat, etc.).

À l’issue de la garde à vue, la personne est soit remise en liberté, soit « déférée » : elle est présentée au procureur de la République, qui décide des suites à donner à la procédure.

À distinguer : l’audition libre

Une personne suspectée peut également être entendue en « audition libre », sans être placée en garde à vue. Prévue par l’article 61-1 du Code de procédure pénale, cette mesure suppose que la personne n’a pas été conduite sous contrainte et qu’elle demeure libre de quitter les lieux à tout moment. En l’absence de contrainte, c’est ce cadre — et non la garde à vue — qui s’applique.

L’audition libre n’est pas pour autant anodine : la personne est entendue en qualité de suspect et le procès-verbal pourra être utilisé au fond. Avant le début de l’audition, plusieurs droits doivent lui être notifiés :

Si les conditions de l’audition libre ne sont pas réunies — notamment si la personne est en réalité retenue sous contrainte — le placement en garde à vue s’impose ; le non-respect de ces règles peut entraîner la nullité des actes.

2.Textes applicables

3.La procédure

Durée

La garde à vue est de 24 heures, renouvelable une fois (soit 48 heures au maximum) sur autorisation écrite et motivée du procureur de la République. Des régimes dérogatoires existent, notamment en matière de criminalité organisée (jusqu’à 96 heures) ou de terrorisme (durées allongées).

Les droits notifiés dès le début (article 63-1)

L’assistance de l’avocat (depuis le 1er juillet 2024)

Le déferrement

Présenté au procureur, l’intéressé peut faire l’objet d’un classement, d’une mesure alternative aux poursuites, d’une convocation devant le tribunal, d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, d’une comparution immédiate ou de l’ouverture d’une information judiciaire.

4.Conseils pratiques

Information importante

Cette fiche est diffusée à titre d’information générale. Elle ne constitue pas une consultation juridique et ne saurait se substituer à un avis personnalisé adapté à votre situation. Pour toute question, le cabinet se tient à votre disposition.

Maître Côme Salard — 108 rue Auguste Delaune, 93000 Bobigny · 06 58 97 61 21 · contact@cabinet-csavocat.fr

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